Publié le 28/04/2026 — Cycle 2 · CP & CE1
Le son [ɛ] est l'un des plus complexes du CP par le nombre de graphies qui le représentent. C'est pourquoi il faut une stratégie claire dès le départ : introduire «ai» comme graphie principale, mentionner «ê» immédiatement, et différer «ei» et «-et» à des révisions ultérieures.
Lors du rituel du matin, affichez un mot en «ai» (lait, maison, balai) chaque jour pendant une semaine. La fréquence d'exposition est cruciale pour une graphie qui comporte autant de variantes.
La distinction phonétique entre [e] (fermé, comme dans «été») et [ɛ] (ouvert, comme dans «bête») est présente dans le français standard mais souvent neutralisée dans la conversation courante. En CP, la priorité est de faire reconnaître le son [ɛ] dans les mots de la fiche, pas de former des phonéticiens.
Lisez des mots. Les élèves lèvent la main pour [ɛ] : balai ✓ — été ✗ (débat ouvert selon accent) — bête ✓ — éléphant ✗ — lait ✓ — maison ✓ — école ✗.
Écrivez côte à côte : lait — bête. Lisez les deux. Demandez : «Ces deux mots commencent par des sons pareils ?» (oui, les deux font [ɛ]). «Sont-ils écrits pareil ?» (non). Même son, deux écritures différentes — le schéma est maintenant familier aux élèves après «au/eau» et «an/en».
Mots repères pour travailler le son :
Introduisez «ai» seul dans un premier temps. Lisez des syllabes : ai · bai · cai · fai · lai · mai · pai · rai · vai. Puis des mots entiers : l-ai-t, bal-ai, m-ai-son.
Ajoutez ensuite «ê» avec accent circonflexe. Insistez sur le fait que l'accent «indique» le son [ɛ] : bête, fête, forêt, fenêtre, tête. Les accents sont des indices visuels précieux que les élèves apprennent à utiliser.
Proposez une liste de mots. Les élèves doivent écrire sur ardoise quelle graphie est utilisée dans chaque mot : ai, ê ou ei. Correction collective avec justification.
Élèves en difficulté : travailler uniquement «ai» dans un premier temps. 6–8 mots très courants en «ai» (lait, maison, vrai, balai, jamais) suffisent pour construire la reconnaissance. Différer «ê» et «ei» à la semaine suivante.
Élèves rapides : faire la chasse aux 4 graphies du son [ɛ] dans les textes de la classe. Classer les mots trouvés : ai / ê / ei / et. Comparer les fréquences : laquelle revient le plus souvent ?
Plusieurs graphies pour un seul son [ɛ] : ai (très fréquent), ê (avec accent), ei (rare : peigne, neige), et final muet (et, jouet, valet). En CP, l'objectif est surtout la lecture — ne pas surcharger avec toutes les graphies en même temps.
«Ai» est la graphie à introduire en premier : c'est la plus fréquente et la plus régulière. «Ê» peut être introduit dans la même séance car les élèves le reconnaissent facilement à l'accent. «Ei» est très rare (peigne, neige, baleine) — à mentionner mais sans s'y attarder. «Et» final (jouet, poulet, valet) peut être abordé lors d'une révision spécifique sur les terminaisons muettes.
En lecture, la différence est visuelle : «é» (accent aigu) fait [e] fermé, «è» ou «ê» (accent grave ou circonflexe) fait [ɛ] ouvert. Pour les élèves qui confondent les deux sons, faire prononcer les paires côte à côte : «é» comme dans éléphant (bouche semi-fermée) vs «è» comme dans bête (bouche un peu plus ouverte). La distinction phonétique est subtile en français standard — ne pas en faire un enjeu majeur en CP.
La conjonction «et» (et alors, toi et moi) se prononce [e] comme «é» en position non finale. Mais les mots en -et final (jouet, poulet, bouquet) se prononcent [ɛ] ou souvent le «t» est simplement muet. En CP, on peut simplifier : «le «et» qu'on entend comme son de lecture, c'est [ɛ]». La conjonction «et» est apprise en contexte de lecture de phrases, séparément.