Publié le 28/04/2026 — Cycle 2 · CP & CE1
Avant la séance formelle, les élèves doivent avoir rencontré le son [ʃ] à plusieurs reprises dans un contexte ritualisé. Chaque matin, affichez un mot contenant «ch» au tableau — chameau, chaussure, chocolat — et posez toujours les mêmes questions : « Entendez-vous [ch] ? Où dans le mot ? » Trente secondes suffisent si la routine est bien installée.
La régularité de ce rituel est plus importante que sa durée. Un mot par jour pendant deux semaines ancre la valeur sonore de «ch» bien plus solidement qu'une longue séance isolée.
Le son [ʃ] est immédiatement identifiable par tous les enfants : c'est le bruit qu'on fait pour demander le silence. Faites ce lien explicitement dès le début — c'est une ancre mnémotechnique que les élèves ne perdront jamais.
Prononcez des mots à voix haute. Pour chaque mot, les élèves lèvent la main quand ils entendent [ʃ]. Alternez vrai/faux rapidement pour maintenir l'attention : chat ✓ — soleil ✗ — chapeau ✓ — jardin ✗ — chocolat ✓ — maison ✗. Insistez sur les confusions possibles avec [s] (sac / chaque) et [j] (jambon / chambre).
Préparez une dizaine d'images : chien, chapeau, chaussure, chat, chameau, soleil, jardin, maison, fleur. Les élèves trient en deux colonnes : « J'entends [ch] » / « Je n'entends pas [ch] ». La correction collective permet de verbaliser : « chien — on entend [ch] — je le mets ici. »
Mots repères pour travailler le son :
Une fois le son bien discriminé, montrez le graphème «ch» et expliquez que ces deux lettres ensemble font toujours le même son — le bruit du silence. Contrairement à d'autres sons, «ch» est très régulier : pas d'exception à gérer en CP.
Préparez des cartes syllabes : cha · che · chi · cho · chu ainsi que ach · ech · ich · och · uch. Lisez-les ensemble, puis faites-les lire par les élèves sur ardoise ou en binômes. L'objectif : automatiser la lecture du graphème avant de passer aux mots entiers.
Proposez des étiquettes à assembler : [ch] + [at] → chat ; [ch] + [apeau] → chapeau. Les élèves viennent coller les étiquettes au tableau. Cela rend visible la position du graphème dans le mot et montre que «ch» peut se trouver en début de mot, au milieu ou à la fin.
Affichez les mots de la fiche au tableau : chien, chapeau, chaussure, chocolat, chemise, chameau. Lisez ensemble, puis demandez aux élèves de venir souligner les deux lettres «ch» dans chaque mot. La fiche d'entraînement peut ensuite être réalisée en autonomie.
Pendant le travail individuel, observez les élèves qui hésitent sur la valeur sonore du graphème : rappeler le bruit du silence suffit généralement à les débloquer.
Élèves en difficulté : rester sur la discrimination auditive plus longtemps. Lire les mots à voix haute pendant la fiche. Travailler uniquement les syllabes de début de mot (cha-, chi-, cho-) avant les syllabes en position interne ou finale.
Élèves rapides : chercher d'autres mots contenant [ch] dans les livres de la classe, composer une phrase avec deux mots du son, ou créer un jeu de tri pour un camarade.
Le graphème «ch» se prononce toujours [ʃ] en français — comme le bruit qu'on fait pour demander le silence. Faire ce lien concret aide les élèves à mémoriser sa valeur sonore immédiatement.
En français courant, oui. Il existe quelques exceptions issues du grec ou du latin — «chaos», «chœur», «écho», «orchestre» — où «ch» se prononce [k]. Ces mots sont rares au CP et ne posent généralement pas problème si on les signale simplement sans en faire une règle à mémoriser.
«Sh» est la graphie du même son en anglais. Les élèves exposés à l'anglais (séries, jeux vidéo) peuvent interférer. Rappeler fermement que «sh» n'existe pas en français — et que le son [ʃ] s'écrit toujours «ch». Une affiche de référence en classe avec «ch → chien» suffit généralement.
«Ch» est typiquement introduit en période 1, après les premières voyelles et consonnes simples. C'est l'un des premiers sons complexes abordés car il est très fréquent, facile à reconnaître à l'oreille, et son lien avec le geste «silence !» crée une ancre mnémotechnique immédiate.