Publié le 28/04/2026 — Cycle 2 · CP & CE1
Le son [on] est un son nasal — l'air passe partiellement par le nez lors de sa production. Ce détail articulatoire est une aide précieuse : faites sentir aux élèves la vibration dans le nez en prononçant [on] lentement. Ce geste corporel est un ancre mnémotechnique qu'ils pourront utiliser pour vérifier seuls s'ils entendent bien le son.
Chaque matin, affichez un mot en «on» (ballon, citron, mouton) et un mot qui pourrait sembler similaire à l'oreille (bilan, mouton vs mouton — ok mauvais exemple, essayons ballon vs bilan). La comparaison quotidienne installe la discrimination [on]/[an].
À ce stade du CP (période 2), les élèves ont déjà entendu «an». La priorité est donc de distinguer clairement [on] et [an]. Ces deux sons sont parfois confondus, notamment chez les élèves venant de régions où la distinction est neutralisée à l'oral.
Lisez des paires à voix haute. Les élèves montrent «on» (rond avec les doigts) ou «an» (bras écartés) :
Demandez aux élèves de pincer leur nez en prononçant [on]. Si le son change, c'est bien une nasale. Cette manipulation simple confirme physiquement que l'air passe par le nez. Faire le même test avec [o] seul : aucun changement lors du pincement.
Mots repères pour travailler le son :
Commencez par le graphème principal «on». Montrez-le, lisez des syllabes : on · bon · con · don · fon · lon · mon · son · ton. Une fois «on» bien installé, introduisez «om» avec la règle simple : «Devant b ou p, on écrit om.»
Préparez une liste : ballon, ombre, maison, combat, citron, pompier, bonbon, compter, mouton. Les élèves trient et justifient : «ombre : le m est devant b → je mets dans la colonne «om».» Ce méta-raisonnement est exactement ce qu'on veut installer.
Élèves en difficulté : travailler uniquement «on» sans aborder «om» lors de la première séance. La variante «om» sera consolidée lors d'une révision ultérieure. Multiplier les jeux de discrimination auditive avant l'écrit.
Élèves rapides : leur faire trouver tous les mots en «on» et «om» qu'ils connaissent. Les classer par catégorie (animaux, personnes, objets). Composer une phrase avec deux mots contenant «on».
La variante «om» s'écrit devant b et p (ombre, combat, pompier). Cette règle est régulière et peut être présentée simplement : «devant b ou p, on écrit om». Réserver cette précision aux élèves qui en sont capables.
«Devant b ou p, on écrit om». Cette formule courte est suffisante pour les CP. Des exemples concrets : ombre, combat, pompier, compter. La faire répéter en tapant dans les mains (om-bre, com-bat) aide à l'ancrer. Ne pas aller plus loin en CP — la liste de mots concernés est courte et l'exception sera réabordée au CE1.
Les sons [on] et [an] sont tous deux nasals mais ils se prononcent différemment : [on] est vélaire (résonance à l'arrière de la bouche) et [an] est plus ouvert. Utiliser des paires minimales : ballon/bilan, bonbon/banban, ponpon/panpan. Faire sentir les vibrations : placer la main sous le menton pour percevoir l'ouverture de la bouche, plus grande pour [an] que pour [on]. La répétition contrastive sur plusieurs séances règle généralement la confusion.
La variante «om» peut être mentionnée lors de la même séance que «on», ou lors d'une séance de révision la semaine suivante. Pour les classes hétérogènes, il est souvent plus sage d'introduire «on» seul d'abord, de le consolider sur deux à trois jours, puis d'ajouter «om» en précisant simplement : «devant b et p, on écrit om». Les élèves qui ne retiennent pas la règle immédiatement finiront par la mémoriser par l'exposition répétée aux mots.