Publié le 28/04/2026 — Cycle 2 · CP & CE1
Le graphème «ph» est une anomalie bénigne du système graphique français : deux lettres pour un son que les élèves connaissent déjà bien — le son [f] de «feu», «forêt», «fleur». La séance n'a donc pas besoin de partir de zero : les élèves savent le son, il s'agit de leur apprendre une nouvelle façon de l'écrire.
Lors du rituel du matin, affichez un mot en «ph» (phoque, photo) à côté d'un mot en «f» (feu, forêt). Posez la question : «Quel son font ces deux mots au début ?» (même son). «Pourtant, regardez comment ils s'écrivent.» Cette confrontation installe l'enjeu de la séance sans l'expliquer longuement.
Inutile d'une longue discrimination auditive — les élèves reconnaissent [f] parfaitement. Consacrez ce temps à montrer que «ph» et «f» font le même son, puis à présenter les mots-clés en «ph» comme une liste à mémoriser.
Écrivez côte à côte : phoque — feu. Lisez les deux à voix haute. Demandez : «Ces mots commencent par le même son ?» (oui) «Mais sont-ils écrits pareil ?» (non). Ce contraste visuel souligne l'enjeu orthographique.
Mots repères pour travailler le son :
Contrairement aux sons qui ont une règle de position ou de distribution, «ph» relève de la mémorisation directe. La bonne nouvelle : la liste des mots courants en «ph» est courte et stable. Voici les incontournables du programme CP :
Affichez cette liste en classe et lisez-la chaque matin pendant deux semaines. L'exposition répétée est la méthode la plus efficace pour mémoriser les graphèmes d'exception.
Créez des flashcards avec l'image au recto et le mot écrit au verso. Les élèves lisent d'abord l'image, devinent le mot et son orthographe, puis retournent la carte pour vérifier. Ce feedback immédiat ancre la correspondance image-mot-graphème.
Élèves en difficulté : travailler uniquement les 4 mots les plus concrets et imageables (phoque, photo, éléphant, téléphone). Ces mots ont des images fortes qui facilitent la mémorisation. Revenir dessus tous les 2–3 jours.
Élèves rapides : faire la liste de tous les mots en «ph» qu'ils connaissent ou trouvent dans des dictionnaires. Observer que la plupart sont des mots «savants» (pharmacie, physique, philosophie) — une introduction informelle à l'étymologie grecque qui leur servira plus tard.
Le graphème «ph» vient du grec et se prononce [f]. C'est une correspondance graphème-phonème inhabituelle que les élèves doivent mémoriser explicitement. Ancrer avec des mots très concrets (phoque, photo) et revenir régulièrement dessus car l'oubli est fréquent.
«Ph» vient du grec φ (phi), ce qui explique sa prononciation [f]. En CP, il n'est pas nécessaire d'expliquer l'étymologie — mais la mentionner brièvement peut aider certains élèves curieux à mémoriser la règle. Une formule simple : «Ces mots ont été inventés par les Grecs il y a très longtemps, et ils utilisaient la lettre phi pour le son [f] — c'est de là que vient «ph».» Cette explication prend 30 secondes et laisse une empreinte mémorable.
Dans tous les mots courants en français, «ph» fait toujours [f]. Il n'y a aucune exception à signaler au CP. Dans quelques mots très rares et savants, «ph» peut apparaître dans des positions où sa prononciation est moins nette, mais ces mots ne feront jamais partie du programme CP.
«Foque» pour «phoque» est une erreur phonétiquement cohérente : l'élève a bien entendu le son [f] et a cherché la graphie qu'il connaît. Ce n'est pas une erreur de phonologie — c'est une erreur d'orthographe d'usage. Au CP, l'objectif est surtout la lecture (reconnaître «ph» → [f]). L'écriture correcte des mots en «ph» s'ancre par mémorisation et exposition répétée, surtout au CE1 et CE2.